DANS LE COULOIR DE LA MORT : Les défis des soins de santé et des diagnostics erronés en RDC

Par Immaculée Kilolo

Elles sont toutes des filles, des sœurs, des épouses, des mères, des amies, des collègues ou même des voisines de quelqu’un. Et leurs histoires déchirent le cœur.

Élodie est l’une d’elle.

Une fille pleine de vie, talentueuse, âgée de 18ans, finaliste de l’école secondaire, diagnostiquée de tuberculose au mois de Mai 2023 dans un grand hôpital de la ville de Bukavu. Pendant 3 mois alitée, elle suivra son cure avec confiance de rétablissement, mais hélas sans succès. Ensuite diagnostiquée d’anémie sévère, elle changera d’hôpital pour avoir un avis différent. Un autre grand hôpital de la ville va d’abord passer à une opération chirurgicale, disant qu’elle a des infections bactériennes à la gorge, après il dira qu’elle souffre de la leucémie, avant de s’avouer confus et d’envoyer des échantillons de son corps à Kigali, dans un hôpital spécialisé, pour la biopsie et autres tests médicaux. En Août de la même année, Élodie sera déclarée porteuse du cancer du sang. Elle va donc effectuer un long voyage, de plus de 10h, dans le pays voisins, ces parents l’accompagnant, pour les soins appropriés, et arrivée, quelques heures après, Élodie est décédée devant les yeux de sa maman. Les résultats précis seront envoyés 2 jours après, le jour de son enterrement.

Quatre mois de peine et de souffrance, 4 mois où malgré qu’elle se battait pour sa santé, elle n’abandonnait pas ses rêves et passions. Sa santé et ses études étaient une priorité qu’elle a obtenu son diplôme avec 65%, proclamé malheureusement en Septembre.

La République Démocratique du Congo (RDC) est confrontée à une crise silencieuse mais dévastatrice dans ses établissements de santé. Les erreurs de diagnostic et la qualité médiocre des soins mettent la vie de nombreuses femmes en danger, créant un véritable « couloir de la mort » pour celles qui cherchent désespérément de l’aide médicale.

Voici quelques titres que l’on peut retenir de cette crise :

Le poids des diagnostics erronés

Témoignages de victimes

Les histoires de femmes comme Marie, une mère de cinq enfants qui a frôlé la mort après un diagnostic erroné de malaria dans un hôpital du pays, sont courantes. Ses symptômes de fièvre et de fatigue étaient en réalité dus à une infection bactérienne, mais l’absence de tests appropriés a conduit à une prescription incorrecte de médicaments antipaludiques, qui a provoqué de terrible problème, jusqu’à avoir besoin d’une greffe de foi en Inde, un problème qui n’aura jamais existé. Heureusement en parfaite état aujourd’hui, après 12 mois de soins de santé.

Mais ce qui n’a pas été la chance de Charlie. Âgée de 37ans, mariée, mère d’une fille de 6ans, elle a perdu la vie suite à un faux diagnostic de l’appendicite qui n’était autre qu’un problème de reins.

L’histoire de Charlie n’est pas une exception en 2024 hélas !

Récemment, Rosie, a fleur de l’âge, est morte. Diagnostiquée de typhoïde, alitée dans un hôpital de renom, sa santé ne faisait qu’empiré jusqu’à tomber en syncope, elle sera transférée dans un autre hôpital où on identifiera une faiblesse des nerfs crâniens, opérée mais elle n’a pas survécu. Moins de deux semaines de maladie ont suffit pour emporter sa vie.

Les conséquences dévastatrices

Pistes de solutions

La situation des soins de santé en RDC demeure alarmante, pour des milliers de patients confrontés à des diagnostics erronés et à un accès limité aux soins. Pour inverser cette tendance mortelle, il est impératif que des réformes significatives soient mises en œuvre. Cela inclut une amélioration de la formation et des ressources pour les professionnels de santé, ainsi qu’un investissement accru dans les infrastructures médicales. En mobilisant les acteurs locaux et internationaux, la RDC peut espérer bâtir un système de santé plus résilient et accessible, capable de fournir des soins dignes et efficaces à tous ses citoyens.

Seule une action concertée et déterminée permettra de transformer ce couloir de la mort en un chemin vers la vie et la santé pour des millions de Congolais.

Posté par Admin
29/01/2025